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LA ROUTE DU SEL ENTRE CAMARGUE ET AVEYRON DU 1 AU 9 JUILLET 2011
Intiniée en 1984 par Jean-Yves Bonnet, maitre cavalier, cette randonnée à pied, à cheval, en VTT ou en attelage reprend l'itinéraire emprunté par les caravanes du Moyen-Age transportant le sel de la méditérranée jusqu'en Aveyron.
 La route du sel entre Camargue et Aveyron
SUR LES ROUTES DE L’OR BLANC.
Aussi innombrables que les axes d‘échange commerciaux, les routes du sel au Moyen
Âge permettaient de couvrir les contrées les plus isolées avec des récoltes réalisées
dans les marais salants de la côte Méditerranéenne.
Le Rouergue en particulier , doit le développement de plusieurs de ses spécialités
(tannerie, salaisons, roquefort) aux marchands et bien souvent aux contrebandiers qui
ont fait affaire avec le sel, cette denrée précieuse, jusqu'à l‘abolition de la gabelle à la
révolution.
Dès l’empire romain, une organisation étatique et raisonnée de la production et du
commerce du sel voit le jour sur les bords de la Méditerranée.
Déjà, les routes du sel constituent un réseau de communication particulièrement
dense. A partir des marais salants de l’Ostie, depuis la côte languedocienne ou encore
grâce à la voie Domitienne permettant de gagner l’arrière pays montagneux, ces
différentes voies garantissent les relations entre l’Empire et les pays conquis.
Ce n’est pas par hasard si ces routes jouent déjà un rôle aussi stratégique.
Le sel monnaie d’échange est déjà incontournable.
Même si dans l’antiquité classique il est bon marché comme il ne le sera jamais dans
l’Europe médiévale moderne.
Les soldats romains reçoivent alors une partie de leur solde en sel «le salarium» dont
on retrouve de nos jours la racine dans le mot salaire, tandis que les fonctionnaires
romains eux surveillaient les routes et se nommaient salari.
Cette organisation minutieuse s’écroule avec l’effondrement de l’Empire romain.
Au V siècle chaque communauté s’emploie à tirer parti de ses ressources locales et à
distribuer le sel par un réseau routier qui se dégrade progressivement.
Les points de récoltes du sel font alors l’objet de transactions et de dotations.
Dans leur opposition au pouvoir central, les ordres religieux et les seigneurs locaux
trouvent avec le sel une arme redoutable car génératrice d’importants revenus
fiscaux.
Cette main mise seigneuriale sur le commerce du sel du IX au XII siècle, qualifiée
«étape domaniale» par les historiens, grisée peu à peu par l’essor des marchands,
connaît sa fin au XIV siècle avec l’instauration d’un nouvel impôt : LA
GABELLE, par le roi de France Philippe Le Bel.
Quelques années auparavant , celui-ci avait acquis les salins de PECCAIS, à Aigues-Mortes (site très productif à l’époque)
La gabelle, impôt modeste au départ, se verra très vite modifié; tout d’abord, il sera
proportionnel aux prix des marchandises puis son montant se verra fixé
indépendamment du prix commerçant.
Ainsi dans les provinces du Languedoc Roussillon et du Rouergue, pays de Gabelle où
il n’y a pas d’obligation d’achat, c’est la sortie des lieux de production et des
entrepôts (grenier à sel) qui désigne le territoire de juridiction.
Cet impôt est prélevé par des officiers royaux, pris par des financiers affermés, à
partir du règne d’Henri II.
Ce marché constitue dès lors et jusqu’à la fin de l’ancien régime le plus gros
commerce national de toute l’Europe.
Si aujourd’hui on consomme en moyenne en France 3 kg par an et par personne, au
XVIII siècle, chacun utilise entre 7 et 9 kg, notamment pour conserver la viande et se
protéger du froid et de la déshydratation.
 La route du sel à Rodez
LA FORTUNE DES FERMIERS
Les fermiers, groupés à partir de 1691 dans la ferme générale qui comprend
l’ensemble des douanes et des impôts indirects prélevés au nom du roi, fonctionnent
selon un système d’avance. Après avoir versé à leur souverain l’impôt dont le montant
est fixé, libre à eux de prélever la gabelle auprès de la population, au montant qu’ils
désirent.
Ce système leur assure de substantiels bénéfices et leur attire en même temps une
véritable impopularité.
A la fin du XVIII siècle, veille de la révolution, le prix de la gabelle varie entre 16 et
57 livres selon les régions.
Cela pousse les contribuables à aller chercher du sel dans des lieux où ils l’achètent
moins cher, soit une province voisine ou auprès des contrebandiers.
Ce «faux sel» vendu par des marchands que l’on surnomme des faux sauniers fait
l’objet d’une traque impitoyable.
Mandrin sera la traque des brigades comme tout autre contrebandier de l‘époque.
Mieux vaut éviter de voyager de nuit tant l’acharnement est impitoyable. Les gabelous
ont tous les droits, également d’abattre ceux qu’ils pensent être des contrebandiers.
Mandrin choisit très tôt de suivre les sentiers interdits de la contrebande; il fait trafic
de tout, du sel, mais aussi du tabac. Ces produits sont la chasse gardée des fermiers
généraux qui les négocient très cher.
Mandrin dont la réputation flatteuse s'explique surtout en raison de la haine de
tout un peuple pour la gabelle, sera pourchassé inlassablement par les brigades de
gabelous qui veulent faire un exemple, leur acharnement à son égard le rendra
populaire. Mandrin sera pour ces populations celui qui mit un grain de sable dans le
prélèvement d'un impôt injuste (il sera arrêté est condamné à être roué vif, pour crime
de lèse-majesté à Valence le 26 mai 1756 et deviendra une légende)
La population se rebelle, des convois s'organisent, les autorités sont débordées. La
constituante supprime la gabelle le 3 mars 1790 ; dés lors il ne restera qu'un impôt
mineur sur le sel.
Tout au long de l’époque de la fraude, les contrebandiers parcourent inlassablement les
routes du sel, depuis les multiples étangs de la côte méditerranéenne jusqu'à l’arrièrepays. Sur les chemins qui mènent d’Aigues-Mortes à , il n’est pas rare de
croiser des attelages de mules, animaux que les saliniers font travailler également dans
leur marais salants lorsqu’il s’agit de transporter l’eau par pompage et d’établir la
circulation dans les différents canaux et bassins.
Cette région est alors dominée par les comtes de LANDORRE. Ils s’octroient une
bonne part des recettes de la gabelle. (Réf // Berranger de Landorre , Salmiech-Rabastens).
Dans ces pays reculés, le sel est encore plus vital qu’ailleurs : sans sel, ni salaisons, ni
conservation des viandes et des fromages et pas de tannage des peaux.
D’Aigues-Mortes, les caravanes de sel gagnent Montpellier où existe un grenier de sel,
puis Aniane, siège de l’Abbaye de St Guilhem le Désert où du temps de Charlemagne,
Saint Benoît établit la règle des bénédictins.
Par un passage étroit et difficile, les voyageurs atteignent le En
effet, en empruntant le Pont du Diable qui enjambe l’Hérault, nul doute qu’une
angoisse sourde leur étreint le coeur à cet instant précis. La légende raconte que cette
passerelle de pierre fut à de nombreuses reprises détruite par le diable, qui exi geait,
pour cesser son manège, le sacrifice de la première âme qui emprunterait le pont.
L’abbé de St Guilhem fut plus rusé et plus malin, pour rompre le sortilège, c’est un
chat noir que le religieux envoya traverser l’édifice. Les caravanes pouvaient
désormais reprendre sereinement leurs itinéraires.
Sur , la route du sel rejoint où les Templiers élevaient des
chevaux destinés aux croisés , avant de rejoindre , commanderie
templière puis hospitalière qui possède au Moyen-Âge le salin de st Jean à Aigues-
Mortes et assure ainsi l’affinage du fromage de Roquefort.
C’est ici q’intervient l’un des acteurs essentiel qui favorisa et entretint le commerce du
sel entre Aigues-Mortes et le Rouergue, tout au long du Moyen-Âge ; la brebis de
Lacaune, troupeaux d’environ 300 têtes dont l’alimentation exige de fortes rations de
sel.
Situés sur la voie gallo romaine, les monts de Lacaune assuraient par ailleurs la liaison
entre deux bassins de productions fort différents : BEZIERS et CAHORS.
Très tôt, les marchands qui empruntent ces chemins découvrent la qualité des salaisons
que l’on prépare ici, à partir du sel acheminé. Les produits à base de porc commencent
à être commercialisés, avec le Bas Languedoc, à partir de 1900 et serviront d’échanges
locaux.
Plus loin sur la route de , ce sont les tanneurs de cuirs qui guettent l’arrivée du
précieux or blanc grâce à l’eau vivifiante du Tarn .Le travail de mégisserie est en
plein essor au Moyen-âge. Du XII au XVI siècle, le gant est en effet un accessoire de
choix pour les puissants laïcs et ecclésiastiques.
Profitant des connaissances des croisés en matière de teinture de nombreux mégissiers
ouvrent boutique et consomment des tonnes de sel pour sécher les peaux. Ignorant le
destin futur de cette commune qui aujourd’hui encore doit sa réputation au travail de
la peau, mais qui sera aussi le lieu où la trame extraordinaire de la France va se jouer,
par l’intermédiaire de Charles VII qui mourra à , empoisonné et fera basculer le
destin de celle-ci vers les pays d’Oil.
Les marchands de sel du Moyen-Âge atteignent ensuite Bouloc « le beau lieu » où leur
chemin croisera, à l’auberge réputée par sa qualité et sa chaleur, les pèlerins en route
vers Jérusalem.
Puis c’est Salmiech, « le milieu du sel », dernière étape avant le prochain grand bourg,
qui donnera naissance à la Route Du Sel manifestation cavalière (mais aussi à VTT,
en attelage et à pied) qui depuis 1984 entraîne sur les chemins antiques, tous les ans,
les modernes compagnons du sel.
La Route Du Sel, évènement unique en Europe, est considéré comme l'évènement
festif le plus marquant de l'Aveyron ces dernières années.
Dans l'esprit de son créateur (Jean-Yves Bonnet) la Route du Sel est indissociable du
cheval et de son village natal.
Salmiech a longtemps joué un rôle économique important dans le sud Aveyron et fut
une plaque tournante à partir de laquelle le sel était distribué dans tout le Rouergue.
Du centre de la France les muletiers transportaient du bois, vers la Méditerranée, pour
la fabrication des bateaux et remontaient, vers le Rouergue, le sel source de vie de ces
régions montagneuses.
Pour Jean-Yves Bonnet, la Route Du Sel est née de la fusion de deux passions ;
celle du cheval et celle de l’intérêt porté à l'histoire de son Rouergue natal.
Ainsi en se penchant sur le passé, sur l'histoire du Rouergue, en cherchant des
documents anciens, il est alors facile de voir naître les plus belles épopées modernes
en leur fournissant les repères, les racines, le respect d'un site magique, de
l'environnement et transmettre les traditions tout en s’adaptant au progrès afin que nos
campagnes vivent ouverte sur la vie extérieure
 La route du sel, d’Aigues-Mortes à Rodez.
Renseignements sur internet : la-nouvelle-route-du-sel.e-monsite.com
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